« Allah n’a rien à faire dans ma classe » ?

Mardi 20 janvier, de 20h à 22h

les Mardis du Forum

Retours d’une soirée d’échanges

C’est l’exclamation d’un enseignant excédé par certains actes ou paroles dans sa classe.

C’est aussi le titre d’un livre rédigé par Jean-Pierre Martin et Laurence D’Hondt dont le sous-titre éclaire l’intention et l’objet : « enquête sur la solitude des profs face à la montée de l’islamisme ».

Jean-Pierre Martin était au Forum Saint-Michel ce mardi 20 janvier.

Pour nous, il est revenu sur la genèse de son livre et sur son expérience de grand reporter : il demeure marqué par ses rencontres avec les communautés chrétiennes du Moyen-Orient aujourd’hui mises à mal et souvent persécutées, leurs expériences de pluralisme religieux et des excès d’une religion devenue idéologie qui exclut toute possibilité de rencontres et de vie en commun.

Il est aussi parti à la rencontre d’enseignants qui vivent dans leur classe, en Belgique, le pluralisme religieux, que ce soit dans des écoles publiques ou des écoles chrétiennes. Il a entendu leur détresse et leur solitude face aux actes de certains élèves qui ne peuvent accepter les différences et veulent imposer leur point de vue. Tous ces enseignants soulignent les bonnes relations qu’ils entretiennent avec les professeurs de religion islamique ou les imams du quartier. Il ne s’agit donc pas, pour eux, d’être contre l’islam mais de refuser une attitude exclusive et excluante.

Comme il nous l’a rappelé, ces rencontres confirment l’importance de connaître et comprendre le phénomène derrière ces actes individuels : un refus de valeurs occidentales, d’une école de la démocratie et de la liberté. Comme il nous l’a partagé, cette prise de conscience doit permettre de construire une manière renouvelée de faire école ensemble qui donne droit à l’expression des uns et des autres et la nécessité d’un cadre pour rencontrer cet objectif.

Il nous emmène donc bien loin de la provocation du titre !

Les échanges ont d’ailleurs renforcé cette importance d’un dialogue vrai et respectueux des uns et des autres. Cela suppose de comprendre, de connaître, de sortir de toute idéologie pour s’engager, non dans un relativisme flou mais dans une vraie volonté de dialogue fondées sur des valeurs assumées par l’une et l’autre croyance.

Cet isolement de l’enseignant qui l’amène à dire « non » à un certain moment, n’est pas inéluctable : certains ont témoigné qu’il est possible de dépasser les antagonismes et de créer de vrais espaces de dialogue. Il faut s’en donner les moyens.


Article original

En 2024 déjà Jean-Pierre Martin et Laurence Dhondt publient une enquête « Allah n’a rien à faire dans ma classe » (aux éditions Racines). Ils partent à la rencontre d’enseignants et perçoivent leur solitude face à l’islamisme.

En novembre 2025, la Ministre Glatigny envoie une circulaire à toutes les écoles ; son titre : « Polarisation, extrémismes et radicalismes violents au sein des établissements scolaires. Prévention, gestion d’un incident et après ».

Quelques éléments concrets : refus de certains cours ou de gestes quotidiens, comme serrer la main, sans oublier les visites médicales, contestations des résultats de recherches scientifiques ou de l’égale dignité de chaque personne, rejet de « l’autre »… Certains établissements sont plus concernés que d’autres. Comment dépasser les polarisations, faire place aux différences sans exclure ni imposer ?

Avec Jean-Pierre Martin, journaliste, grand reporter, écrivain, nous essaierons de mieux comprendre ce qui se passe, l’importance et l’ampleur de ces phénomènes dans les écoles et les manières de réagir ou non pour une société plus juste et inclusive.

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